Pourquoi j’ai vécu 3 mois sans réseaux sociaux.

Vivre en 2019 sans Instagram, Facebook ? Sans regarder ses notifications avant même d’avoir ouverts les deux yeux correctement ? « Impossible » me dit-on.

Et pourtant… Pour votre plus grand plaisir chers amis lecteurs, je me suis lancé ce défi 3 longs mois de suite, pendant lesquels je me suis senti autant outsider que Jean-Claude Vandam sur le plateau d’une émission de littérature. Laissez-moi donc vous raconter ma petite expérience.

Tout a commencé une merveilleuse journée de printemps, lors de mon dernier séjour au Maroc. Le but principal d’être en vacances étant de se reposer, j’ai choisi un livre de ma bibliothèque et j’ai étendu une serviette au bord de la piscine, prête à passer les 4 prochaines heures à éplucher tous les mystères de La Chambre des Secrets. Au bout de la deuxième page seulement, je commence légèrement à loucher sur mon téléphone qui vient de m’annoncer une notification. Bon allez, je regarde vite fait… me dis-je en tout naïveté.

Une heure trente plus tard, après m’être perdue entre les vidéos de chiots et les photos de vacances absolument parfaites de cette actrice que j’admire mais que je déteste un peu en même temps, je décide de fermer Instagram pour me lancer dans mon feed Facebook. Puis je bascule sur Youtube pour regarder quelques tutos beauté qui, soyons honnêtes, ne me serviront jamais, et je finis sur WhatsApp pour envoyer quelques messages audios. Une après-midi bien productive n’est-ce pas ?

Et si je vous disais que c’était comme ça tous les jours… Vous me répondriez surement que j’ai un problème d’addiction. Et pourtant, combien d’entre nous font de cette petite routine leur quotidien ?

Un quotidien où la surconsommation de contenu, de photos, de vidéos, toujours plus belles, et toujours moins réalistes, est devenue un standard.

Cette nécessité de vouloir partager chaque détails de sa vie, en ne montrant que les plus beaux aspects de son quotidien ou de ses vacances. Et surtout ce besoin malsain d’avoir un aperçu à notre tour des journées de nos amis virtuels, et de nous comparer à eux à chaque instants. C’est ce que sont devenus les réseaux sociaux, eux qui étaient là au départ pour nous « connecter » entre nous, et qui aujourd’hui nous déconnectent toujours plus de la réalité.

Pour être honnête, je n’arrive pas à me rappeler de la dernière fois où j’ai voyagé sans vouloir partager avec le monde entier chaque seconde de ce merveilleux petit-déjeuner en bord de mer ou de cette balade en famille. Ni même de la dernière fois où j’ai pu admirer un coucher de soleil ou un magnifique paysage sans ressentir le besoin de me plier en 10 pour obtenir LA photo qui allait finir en story Instagram pour disparaitre 24 heures plus tard. En étant exposée quotidiennement à des faux sourires, des faux moments de joie et de partage, j’ai cédé moi aussi à cette manie dérangeante. Victime de l’absurde popularité des réseaux sociaux, je me suis mis à vivre ma vie à travers mes écrans.

Paradoxalement, c’est lorsque nos téléphones ont été libérés d’un fil qui les retenaient aux murs de nos foyers que nous en sommes devenus de plus en plus prisonniers.

Nostalgique d’une époque où nos faits et dires étaient encore entourés d’une certaine part de mystère, j’ai décidé qu’il était temps de changer mes habitudes. Comme un alcoolique qui décide que c’est le verre de trop, j’ai pris la décision de me détoxifier de mon monde virtuel pour me recentrer sur l’essentiel. Sans y réfléchir à deux fois, j’ai supprimé Instagram et Facebook de mon téléphone, ne gardant que Whatsapp où j’ai mes amis les plus proches ainsi que ma famille, et je me suis lancée dans cette folle aventure d’un retour à l’ancien temps !

Ca serait vous mentir si je vous disais que je n’ai pas été tentée d’abandonner mon expérience au bout de quelques heures seulement. Ou de vous dire que j’ai pu résister à la tentation de retourner à mes mauvaises habitudes une fois ou deux pendant ces trois mois. Mais le fait est que plus le temps passait, moins j’en ressentais le besoin.

Et voici ce que j’ai retenu de cette belle expérience:

  • Le premier changement c’était dès le réveil: exit le téléphone au pied du lit, j’ai ressorti mon vieux réveil à pile Snoopy, ce qui m’a permis de commencer mes journées avec beaucoup moins de négativité. Plus de stories de Jean-Michel aux maldives ou de Sandra au concert de Drake, ce qui m’a automatiquement donné envie d’apprécier mes journées sans envier celles des autres.
  • Forcement, quand on arrête les réseaux sociaux, on a du temps à revendre. En 3 mois j’ai eu le temps de lire une dizaine de livres, de créer mon blog, d’écrire une vingtaine d’articles, de reprendre le dessin et réaliser deux ou trois portraits. Et oui, rien que ça.
  • Je me suis mise à parler à moins de monde. Mais ne dit-on pas toujours qu’il vaut mieux miser sur la qualité plutôt que la quantité ? J’ai effectivement réduit mon nombre d’interaction avec les autres, mais mes discussions étaient moins superficielles. Je prenais plus le temps d’écouter mes amis, de demander de leur nouvelles, et de vraiment m’intéresser à leurs quotidiens.
  • J’ai repris le temps de prendre le temps. Le temps de prendre mon téléphone et d’appeler, d’écouter une voix humaine au bout du fil, d’entendre un rire, un soupir, parfois même un sanglot. Moins de phrases pré-calculées et plus de spontanéité. Et encore une fois, ça fait du bien.
  • Je suis revenue à l’essentiel, à ce qui m’entoure de près. Avec les réseaux sociaux on a cette facilité à voir ce qu’il se passe au bout du monde en oubliant ce qu’il y a juste sous nos yeux. Pourquoi collectionner dans son feed des photos de lieux où nous iront surement jamais sans commencer d’abord par voir ce qu’il se passe dans sa propre ville ? Son propre quartier ? J’ai redécouvert plein de lieux où je n’allais plus ou tout simplement des nouveaux lieux, j’ai fais connaissance avec les commerçants du coin et ça a fait le bonheur du papy qui tient la librairie du coin par exemple.
  • Je me suis remise à vivre à l’instant présent, et à partager à fond ce moment avec les personnes présentes plutôt que de partager ça avec des centaines d’abonnés en ligne. Tout était plus authentique et ça faisait du bien. Laissez votre téléphone à la maison quelques fois, vous verrez…
  • Au diable l’opinion des gens ! Et au diable ce stress permanent de vouloir plaire aux autres. Si je me plais à moi-même c’est l’essentiel, pas besoin de pouces bleus pour me sentir validé.
  • Pas de stories Instagram en voyage ? Si seulement il existait des belles cartes avec des photos souvenirs qu’on peut envoyer à ses proches…

Et aujourd’hui ? Qu’en est-il de mes bonnes résolutions ?

Après cette detox nécessaire et bénéfique, j’ai recommencé à utiliser les réseaux sociaux mais à bon escient. C’est toujours utile pour se tenir informer, pour dénicher les bonnes adresses et les bons plans, ou encore pour rire un bon coup sur le dernier meme Game of Thrones.

Mais c’est un outil que je préconise à petite dose seulement, car il peut vite devenir nocif. Je ne me connecte plus que deux fois par semaine sur les réseaux sociaux type Instagram, et je ne ressens pas la nécessité d’y aller plus souvent. Comme pour tout dans la vie, il s’agit de trouver son équilibre et de ne pas se laisser envahir par un geste qui peut paraitre très anodin mais qui au final s’avère avoir un grand impact sur notre bien-être.

Alors à votre tour d’essayer de trouver votre propre équilibre les amis !

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